Dédé et Thérèse

Dédé et Thérèse

Ils sont nos voisins à la campagne, dans un petit village du Morbihan.
Il y a sept ans nous avons acheté une petite maison en pierre à un jeune couple qui l’avait sauvée de la ruine et agrandie. C’est à cette ouverture sur la prairie, où je vois le soleil se lever, que la maison doit son charme et sa luminosité.
Karine et David étaient amis avec Thérèse et Dédé qui habitent de l’autre côté de la route.

Divers 2014 011
Nous avons pris la suite, la maison et les amis. Et, depuis sept ans, nous nous voyons tous les six pour de joyeuses soirées.

Quand nous arrivons dans notre village, le vendredi soir, presque toujours, Dédé est dans son potager, occupé à biner, sarcler, désherber, semer, tailler, retourner la terre, soigner les plantes, salades, radis, poireaux, oignons, échalotes, betteraves, haricots verts, fèves …

appareil philippe photos octobre 2014 027
Ou alors on le rencontre, sur son tracteur, avant les maisons, avec un chargement de bois, ou en compagnie d’un voisin à qui il est allé rendre service. Ou encore, à pied, le long de la route car tout le monde marche, ici.

On se dit quelques mots sur le temps qu’il a fait, l’état de la terre, il plaisante sur mes essais de potager qui se révèlent peu prolifiques, normal, “on vient de la ville”.
On aime son sourire et ses yeux pétillants, mais, parfois, les nouvelles sont moins bonnes car, dans un petit village où les gens vieillissent doucement, se concentrent les disparitions et enterrements.
Pourtant Thérèse et Dédé, toujours jeunes, sont là, aussi actifs et enthousiastes qu’il y a sept ans.

Comme je me lève tôt, et sors faire un tour de jardin, tous les matins, Dédé est le premier que je vois, de l’autre côté de la route, déjà là, à inspecter ses plates-bandes.

Et, souvent, par dessus la haie, il me tend de la salade, des poireaux, des haricots verts.
Parfois, aussi, en rentrant, on trouve, sur le rebord de la fenêtre, un paquet plein de ses beaux légumes.

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C’est chez eux que nous allons chercher des oeufs, des pommes de terre, du cidre, et bavarder un peu.

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Quand j’arrive à la porte de la véranda, je dis
“Y ‘a quelqu’un ?”
Et Thérèse répond avec un sourire dans la voix :
“ J’ suis là ”
Alors on parle, elle me donne des nouvelles de tout le village et on va chercher les oeufs. On retrouve Dédé dans la grange ou dans la cour, qui plaisante avec la “patronne” qui ne veut pas le suivre à vélo et préfère aller faire les magasins ou se faire belle chez le coiffeur, à Pontivy.
Thèrèse est toujours de belle humeur, elle parle, avec autant de délices, du pain grillé du matin, du feu de cheminée qui les réunit le soir ou du pot-au-feu qu’elle mijote.

Elle aime la vie et le dit constamment, je repars toujours avec les oeufs dans mon panier et sa voix joyeuse dans la tête :

“Qu’est-ce qu’on est bien ! Ici ! Aujourd’hui ! Dans le jardin ! Ce soir ! Ce matin ! Toujours!”

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