Une idée du beau : du rouge à l’Est

 

appareil philippe photos octobre 2014 021

 

Chère Lena

A ma question sur la volonté de chercher un peu de beauté même quand on est démuni, même dans un pays où l’on manque du nécessaire, tu m’as répondu ceci :

Anglais

Well, dear Marylene,
We have embarked on this adventure together in search and understanding of beauty. The task is too grand but why not?
I think I could say I am lucky and fortunate and blessed to know and to have known people who make their “ordinary lives” beautiful, comfortable and adventurous.
I‘m not surprised that your travels in Central Europe made you wonder how people could preserve, appreciate and even create beauty while they were deprived of their basic needs.
I may not have the answer for you but I’ll try to explain how I saw it and see it with the eyes of somebody who comes from Eastern Europe.
I think it’s innate and natural for a human being to look for something that would brighten their life.
Growing up in the Soviet Union I haven’t asked myself this question but I saw in the everyday life how women who didn’t have fabric to make dresses or opportunity to buy something for a special occasion, used their skills to make an ordinary dress into something that was special. They used unbelievable skills to make homemade make up and perfume and tried to look stunning all the tme.
Sometimes I think this depravity forces people to think outside the box. If you lived in a grey block of apartments what would you do to change it? You could choose to live in the conformity or you could paint your walls red, like one of the women that I met on the train from Moscow in 1986. It was a revolutionary idea for me at the time. Everybody’s walls were wallpapered in the sort of green-grey wall paper. She decided to be different in spite of what others thought of her.
Flowers in clay pots, hand knitted clothes, if you were lucky, some remnants of grandmothers china, or even paintings, recipes that were kept from generation to generation, -all this created small islands of beauty.
I will not speak for people from Central Europe as the situation there was different from us, who lived In the USSR. I think for them to preserve the heritage and to remember what is pleasant and beautiful was easier than for us.
Maybe we could leave it as an open question and let people speak and respond to us and to you, Marylene.
I have so much to say, so many people to talk about and so little time. So, one step at a time and maybe we’ll get where we want to-to an this unending question of what pushes so many people to seek beauty in the unlikely places, unfortunate and fortunate situations.
Bye for now,
Lena

bouquet

Français

Chère Marylène

Voilà, nous nous sommes embarquées ensemble dans cette aventure à la recherche et la compréhension de la beauté. La tâche est immense mais pourquoi pas ? Je crois que je pourrais dire que j’ai eu la chance, le bonheur et l’honneur de connaître, d’avoir connu, des gens qui ont su rendre leur vie quotidienne belle, agréable et aventureuse.

Cela ne me surprend pas qu’au cours de vos voyages en Europe centrale, vous vous soyez demandé comment les gens pouvaient préserver, apprécier, et même créer de la beauté, alors même qu’ils étaient privés de choses élémentaires.
Je ne sais pas si je vais avoir la bonne réponse mais je vais essayer d’expliquer comment je voyais et vois cela, du point de vue de quelqu’un qui vient de l’Europe de l’Est.
Je crois que c’est inné et naturel pour tout être humain de chercher ce qui peut embellir sa vie.
Ayant grandi en Union soviétique, je ne me posais pas la question ainsi mais je voyais, dans la vie quotidienne, comment les femmes qui n’avaient, ni tissu pour faire des robes, ni possibilité d’acheter quelque chose pour une occasion particulière, faisaient preuve d’ingéniosité pour transformer un vêtement ordinaire. Elles avaient d’extraordinaires capacités à fabriquer du maquillage maison et du parfum pour essayer d’être ravissantes tout le temps. Je crois que ce dénuement obligeait les gens à se dépasser.
Si tu habites dans un immeuble gris et terne, que peux-tu faire pour améliorer tes conditions de vie ? Tu peux choisir de vivre dans cette conformité ou tu peux peindre tes murs en rouge comme une femme que j’ai rencontrée dans le train de Moscou en 1986. A l’époque c’était une idée révolutionnaire pour moi. Tout le monde avait un papier peint gris-vert. Elle avait décidé d’être différente quoique les autres puissent en penser.

Des fleurs dans des pots en terre, des vêtements tricotés main, si vous aviez de la chance quelques porcelaines, vestiges hérités d’une grand-mère, tableaux, recettes transmises de génération en génération, tout cela créait de petits îlots de beauté.
Je ne peux pas parler pour les gens d’Europe centrale dont la situation était différente de la nôtre en URSS. Je crois simplement que, pour eux, il était plus facile de conserver les héritages du passé et de se rappeler ce qui était beau.

Mais laissons la question ouverte invitons les gens, et toi, Marylène, à y répondre.
Il y a tant à dire, tant de gens dont j’aimerais parler et j’ai si peu de temps.
Aussi, un pas après l’autre et, peut-être, irons-nous ainsi où nous souhaitons, vers ce sujet inépuisable, à savoir ce qui pousse tant de gens à la recherche de la beauté dans d’invraisemblables lieux, et dans des situations heureuses ou malheureuses.

Lena

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